Situation épidémiologique du VIH au MarocÂSOMMAIRE Récapitulatif des indicateurs sur la situation épidémiologique………………… 3  1- Introduction…………………………………………………………………………… 4  2- Séroprévalence du VIH………………………………………………………………. 5  3- Estimations du nombre de personnes vivant avec le VIH……………………… 7  4- Cas de sida notifiés………………………………………………………………….. 10   LISTE DES ABREVIATIONS  Â
LISTE DES TABLEAUX  Tableau 1 :  Prévalence du VIH par groupe de population surveillé(%)                – Surveillance sentinelle du VIH – Maroc, 1993- 2008  Tableau 2 :  Estimations relatives à l’épidémie du VIH /sida             Maroc- Décembre 2008   LISTE DES GRAPHIQUES  Graphique 1 : Tendance de la prévalence du VIH chez la femme enceinte                            Surveillance sentinelle du VIH– Maroc, 1994- 2007  Graphique 2 : Tendance de la prévalence du VIH chez les professionnelles du sexe                           Surveillance sentinelle du VIH– Maroc, 2001- 2008  Graphique 3 : Evolution du nombre de cas de sida notifiés                        Maroc, 1986-2008  Graphique 4 : Cas cumulés de sida au 31 décembre 2008                        Répartition par mode de transmission  Graphique 5 : Répartition des cas de sida notifiés par région  Graphique 6 : Cas d’IST notifiés (1992- 2007)       Récapitulatif des indicateurs sur la situation épidémiologique   Â
1.  INTRODUCTION  Le Maroc dispose d'un système de surveillance épidémiologique des IST et de l’infection par le VIH/sida basé sur trois axes à savoir la notification des cas d’IST; la déclaration des cas d’infections à VIH/sida et la surveillance sentinelle.  Le système de surveillance sentinelle de l’infection par le VIH permet de suivre les tendances de la séroprévalence dans différents groupes de la population au niveau des sites sélectionnés dans les différentes régions du pays tout en veillant au respect des règles d’éthique (dépistage anonyme non corrélé). Le système de surveillance mis en place en 1993, a été progressivement étendu pour atteindre 28 sites et 16 groupes en 2008. En plus des femmes enceintes, des porteur d’IST et des tuberculeux, les populations les plus exposées au risque d’infection (professionnels du sexe, détenus, consommateurs de drogues injectables) et les populations passerelles (routiers, marins, ouvrières, etc.) ont été intégrés depuis l’année 2001 dans le cadre de la surveillance de deuxième génération du VIH.  La notification des cas de VIH et sida, par les cliniciens a été instituée dès la mis en place du Programme National de lutte contre les IST/sida en 1988. Les cas d’infection par le VIH ou le sida sont déclarés, par les services de prise en charge, pôles d’excellence et centre référents ainsi que les médecins publics et privés aux Observatoires régionaux de santé et au Programme National de lutte contre les IST/sida sur la base d’un fiche de déclaration individuelle. Cette fiche anonyme, comprend des d’informations sur le profil des patients, les modes transmission et la situation clinique.  La notification des cas d’IST par les cliniciens, instituée depuis l’année 1992, est assurée au niveau de l’ensemble des services de Santé (établissement de soins de santé de base et services spécialisés) sur la base d’une fiche trimestrielle qui récapitule les cas pris en charge au cours de la période, selon le syndrome le sexe et l’âge. Ces fiches sont consolidées au niveau des provinces puis adressées au Programme National de lutte contre les IST/sida qui en fait la synthèse.  Des bases de données sur les cas de VIH/sida et d’IST notifiés, sont centralisées au niveau des Observatoires régionaux de santé (ORS) et du programme National de lutte contre le sida (PNLS) du ministère de la Santé.  Ce rapport constitue une synthèse de l’analyse de la situation épidémiologique au Maroc et de ses tendances, établie sur la base des informations produites par le système national de surveillance au cours des dernières années. Il inclut les données  concernant la prévalence du VIH et les cas notifiés au cours de l’année 2008.   2.  SEROPREVALENCE DU VIH  Le tableau n°1, récapitule les données de la surveillance sentinelle du VIH au cours de la période 1993 à 2008.  Tableau 1 : Prévalence du VIH par groupe de population surveillé(%)                     – Surveillance sentinelle du VIH – Maroc, 1993- 2008 Â
* Souss Massa Draa         ** Consommateurs de Drogues Injectables (CDI)            *** : Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes   La surveillance sentinelle montre que la séroprévalence pour les femmes enceintes est relativement faible et marque une quasi-stabilité depuis l’année 2000, année où la prévalence la plus élevée (0,15%) avait été relevée. Cette stabilité a permis de décider, en 2005, de ne surveiller les femmes enceintes qu’une fois tous les 2 ans. Ainsi, une prévalence de 0.08% a été relevée chez des femmes enceintes en 2007 de 0,08%. Ce groupe sera intégré dans la surveillance sentinelle en 2009.  Graphique 1 : Tendance de la prévalence du VIH chez la femme enceinte   Surveillance sentinelle du VIH– Maroc, 1994- 2007 Par contre, les données de la surveillance sentinelle du VIH au cours des dernières années, ont confirmé la tendance à la concentration parmi les groupes les plus exposés au risque d’infection, dans certaines régions du Maroc, notamment les professionnelles du sexe, les HSH et les usagers de drogues injectables.  Ainsi, la prévalence du VIH chez les populations les plus exposées au risque d’infection par le VIH, couvertes par la surveillance sentinelle, montre des chiffres notablement élevés (2%- 3%) chez les professionnelles du sexe ; bien qu’en dessous de 5% (limite inférieure pour un niveau d’épidémie concentrée) et relativement stable depuis l’année 2001.  La présence d’une épidémie VIH concentrée parmi les professionnelles du sexe au niveau de la région de Sous Massa Draa (site d’Agadir) est maintenant clairement établie avec des prévalences supérieures à 5% (6,7% en 2008).   Graphique 2 : Tendance de la prévalence du VIH chez les professionnelles du sexe Surveillance sentinelle du VIH– Maroc, 2001- 2008  Pour les consommateurs de drogues injectables, leur surveillance a démarré en 2006 et la prévalence enregistrée a été nulle jusqu’en 2008, année où une prévalence de 1,6% a été notée.  La surveillance des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) n’a commencé qu’en 2008 où une prévalence élevée de 4,46% a été relevée. La tendance de la prévalence dans ce groupe devra être suivie au cours de prochaines années. Une étude spécifique à ce groupe devra être conduite pour disposer de données plus précises sur un échantillon plus important.  Il est à noter aussi que des prévalences élevées ont aussi été retrouvées parmi les ouvrières saisonnières avec 3,2% en 2007 et 1% en 2008.  Concernant les autres groupes surveillés, les constats suivants sont à relever :  § Pour les prisonniers de sexe masculin la prévalence varie entre 0,1% et 1% depuis 2001. La prévalence est un peu plus élevée chez les prisonnières (de sexe féminin) et varie entre 0% et 2%. § La prévalence est faible chez les marins (<0,1%). § Deux autres groupes concernés par la surveillance sentinelle enregistrent une prévalence modérée, à savoir les porteurs d’IST (0.28%) et les tuberculeux (0.42%).  3.  ESTIMATIONS DU NOMBRE DE PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH  Les dernières estimations et projections relatives à l’épidémie VIH au Maroc, ont été effectuées en 2007, par le Programme national de lutte contre les IST/sida en collaboration avec un groupe de personnes ressources nationales et l’ONUSIDA.  Ces estimations établies sur la base des données de séroprévalence les plus récentes ont abouti à un total de 22.000 personnes vivant avec le VIH en fin 2007 ; ce chiffre est en concordance avec celui publié en juillet 2008 par ONUSIDA et l’OMS dans le rapport de l’épidémie mondiale de sida (21 000).  Les estimations et projections seront revues au cours de l’année 2009 en utilisant les dernières données de prévalence et les techniques d’estimation les plus récentes.   4.  CAS DE SIDA NOTIFIES  Depuis le début de l’épidémie en 1986 jusqu’en fin décembre 2008, le nombre cumulé de cas de sida notifié était de 2914. L’incidence du sida a connu une augmentation régulière depuis 1993, avec 30% des cas relevés pour la période 1986- 2000 et 70% entre 2001 et 2008.  Au cours de l’année 2008, 393 cas de sida ont été notifiés contre 352 cas en 2007.  Graphique 3 : Evolution du nombre de cas de sida notifiés                                                          Maroc, 1986-2008  L’analyse des données par âge montre que les tranches les plus touchées sont celles des adultes jeunes, respectivement : 15 à 24 ans (8% des cas), 25 à 29 ans (15%), 30 à 34 ans (23%), 35 à 39 ans (18%) et les 40 et plus (28%).  Le nombre de cas de sida au Maroc n’a pas connu juste une progression, mais il a subi de profondes transformations dans son profil. Si durant la première période 1986- 1990, il y avait un équilibre entre les différents modes de transmission ; aujourd’hui (la période 2004- 2008) la seule voie hétérosexuelle est largement prédominante près de 87%.  Graphique 4 : Cas cumulés de sida au 31 décembre 2008                                 Répartition par mode de transmission. Maroc, 1986-2008   Parallèlement, le sida accuse une dynamique focale intéressant cinq régions sur seize qui englobent presque les deux tiers des cas déclarés (graphique 5). Il s’agit en premier lieu de Souss Massa Drâa (22% des cas), Marrakech Tensift Al Haouz (16% des cas), le Grand Casablanca (14% des cas), Doukkala Abda (8% des cas) et Rabat Salé Zemmour Zaers (7% des cas).   Graphique 5 : Répartition des cas de sida notifiés par région  Une analyse plus fine des données de ces régions montre certaines spécificités relatives aux modes de transmission :  § la part de la transmission homosexuelle est plus élevée au niveau des régions de Marrakech Tensift Al Haouz (11%), Tanger- Tétouan (8%) et Rabat Salé Zemmour Zaer (8%), contre 7% au niveau national.  § la transmission par usage de drogue intraveineuse qui est de 5% à l’échelle nationale est de 16% au niveau de la région de l’Oriental et de 12% au niveau de la région de Tanger- Tétouan (12%).  La transformation du profil des cas de sida a aussi concerné le genre de malades. Si la part des femmes ne représentait qu’environ 18% entre 1986 et 1990, elle est de 40% entre 2004 et 2008. Ceci est fortement corrélé aux autres transformations du profil du sida à savoir : le mode de transmission hétérosexuel prédominant et les facteurs de risque d’exposition à l’infection par le VIH, notamment le multi- partenariat sexuel actuellement retrouvé dans 76% des cas et le conjoint atteint dans 11% des cas, soit dans 6% des cas chez l’homme et dans 19% des cas chez la femme. En effet, parmi les atteintes de sida, 32% sont mariées.  La proportion des cas de nationalité marocaine est de 95% et la majorité d’entre eux réside en milieu urbain (83%). Cependant, au cours de ces cinq dernières années (2004- 2008), la part du rural est élevée au niveau de certaines régions les plus touchées, notamment celle de : i) Souss Massa Draa (16% des cas de la région), essentiellement au niveau de la province de Taroudant (50% des cas de la région et 37% des cas de la province) ; ii) Doukkala Abda (29% des cas de la région) essentiellement la province de Safi (83% des cas de la région et 28% des cas de la province).  5.  CAS D’IST NOTIFIES  Les IST continuent de constituer un problème de santé publique au Maroc, de par leur incidence élevée, plus de 350.000 nouveaux cas par année depuis 2001 (Graphique 5). Elles figurent parmi les principales causes de consultation au niveau des Structures de Soins de Santé de Base (SSB), particulièrement chez la femme.   Graphique 6 : Cas d’IST notifiés (1992- 2007)   En dépit de la grande proportion de sous- notification, notamment l’absence de déclaration du secteur privé et la part importante d’auto- médication, le nombre de cas IST reste à un niveau élevé. Le nombre de cas notifiés en 2007 était de 382.788, dont 73% étaient représentés par les pertes vaginales. La part des vraies IST étant de 51%, dont 117 699 cas de cervicites chez la femme, 57 849 d’écoulements urétraux chez l’homme et 12 037 d’ulcérations génitales chez les 2 sexes.  La tranche d’âge la plus touchée est celle des adultes jeunes entre 20 et 40 ans (65% des cas).  Les régions qui enregistrent la plus forte incidence des IST sont Rabat- Salé- Zemmour- Zaer (12%), Souss-Massa-Draa (11%), Marrakech-Tensift-Al Haouz (10%), Tadla Azilal (10%) et Meknès- Tafilalet (9%).  |
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