Les pays de la région MENA risquent de perdre de soutien du Fonds Mondial: les associations interpellent le conseil d'administration du Fonds et le ministre de la Santé du Yémen

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Aujourd'hui, le 28 avril 2010, s'ouvre à Genève la réunion du conseil d'administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Durant cette réunion, le Fonds envisage de réviser son modèle actuel de priorisation (hiérarchisation), qui détermine l'ordre dans lequel les propositions sont approuvées dans le cas d'un financement limité. Un modèle de priorisation nouveau se basant sur « la sévérité de l’épidémie » et « le degré de pauvreté des pays » pourrait avoir un impact négatif sur les pays à revenu intermédiaire avec une épidémie concentrée en privilégiant les épidémies généralisées et les pays à faible revenu.
A l'initiative de l'ALCS, le CSAT-MENA et ITPC North Africa, une pétition a été signée par diverses organisations et personnes ouevrant dans la lutte contre le sida et adressée aux membres du conseil d'administration du Fonds, et particulièrement au ministre de la Santé du Yémen M. Abdulkarim Yehia Rasae qui représente la région MENA au sein du conseil.

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de la pétition.

Pour tout renseignement, veuillez contacter:
Othman Mellouk
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06 66 45 28 11

26 avril 2010

  

Cher membre du Conseil d’administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme,

Des organisations, réseaux et les personnes travaillant sur le VIH/SIDA et la tuberculose dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord se sont récemment réunies en réaction aux changements potentiels au modèle de priorisation du Fonds mondial actuellement en cours de discussion. Il existe des inquiétudes fortes que les modifications du modèle existant pourraient exclure des pays à épidémies concentrées d'accéder aux ressources du Fonds mondial. Cela pourrait avoir de graves répercussions sur un nombre important de pays dans la région d’Amérique latine, Caraïbes, en Europe orientale, en Asie centrale et au Moyen-Orient et Afrique du Nord.

En réponse, une pétition a été élaboré et diffusé au Moyen-Orient et Afrique du Nord.

La pétition demande aux membres du Conseil d’administration du Fonds mondial de tenir compte des besoins des pays à épidémies concentrées lors de la révision du modèle de priorisation, de manière à s'assurer que les priorités n’affectent pas les critères d'éligibilité en vigueur. Nous croyons que le solide soutien que cette pétition a reçu reflète clairement l'urgente nécessité pour l'investissement continu des ressources du Fonds mondial à travers la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Nous espérons que vous tiendrez compte de cette pétition avant de s'engager dans les discussions sur les priorités à la prochaine réunion du Conseil d’administration du

Fonds mondial afin d'assurer que l'impact du Fonds mondial continue d'être mondial.

Pétition :

Le Fonds Mondial doit rester mondial

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme envisage de réviser son modèle actuel de priorisation (hiérarchisation), qui détermine l'ordre dans lequel les propositions sont approuvées dans le cas d'un financement limité. Un modèle de priorisation nouveau se basant sur « la sévérité de l’épidémie » et « le degré de pauvreté des pays » pourrait avoir un impact négatif sur les pays à revenu intermédiaire avec une épidémie concentrée en privilégiant les épidémies généralisées et les pays à faible revenu. 

Nous, les soussignés, organisations non gouvernementales et communautaires, les réseaux nationaux et régionaux, et les personnes qui travaillent sur le VIH / SIDA dans la région MENA  (Afrique du Nord et Moyen Orient) demandons que le conseil d'administration du Fonds mondial prenne en considération les besoins des pays à revenu intermédiaire lors de l'examen des modifications du modèle de hiérarchisation. 

Aujourd’hui, le Fonds mondial fournit des ressources essentielles pour financer la réponse à ces trois maladies dans les pays en développement. Malgré les difficultés de financement dans le contexte actuel de ressources limitées, le Fonds mondial ne devrait pas changer pour devenir un mécanisme qui assure le financement exclusif de certains pays au détriment d’autres. Le modèle de priorisation ne devrait pas affecter l'égalité d'accès aux ressources du Fonds mondial entre des pays avec différents niveaux d'épidémies. Les modifications proposées au modèle des priorités pourraient exclure les pays à épidémies concentrées, refusant l'accès à un nombre important de groupes de population les plus touchés. Ceci renforcera davantage les restrictions déjà contraignantes dans les critères d'éligibilité à l'accès aux ressources du Fonds mondial. 

Nous croyons que la valeur technique des demandes des pays devrait continuer à être l'un des principaux critères de détermination d'octroi  ou non de subvention. Un modèle d’hiérarchisation  qui met l’accent sur des critères de remplacement, comme « la sévérité de l’épidémie » ou « le niveau de pauvreté du pays », pourrait dévaluer les recommandations fournies par le groupe d'examen technique (TRP), compromettant ainsi un certain nombre de valeurs et de principes de base du Fonds. 

Du point de vue épidémiologique, ce serait une erreur fatale de limiter les investissements dans les programmes VIH / SIDA dans les pays à revenu intermédiaire et avec des épidémies concentrées. Ces pays apportent souvent une contribution considérable aux dépenses nationales de santé. Néanmoins, ils souffrent souvent de grandes inégalités en ce qui concerne la répartition des richesses. Les populations vulnérables de milieux défavorisés sont rarement incluses dans les systèmes de santé. 

Le Fonds mondial finance des propositions qui sont développées, mises en œuvre et régies par des partenariats multisectoriels (CCM). Dans les pays à revenu moyen, cette injection de ressources a agi comme un catalyseur pour le développement de programmes efficaces pour atteindre les populations les plus difficiles d’accès. 

Les subventions du Fonds mondial dans les pays à revenu intermédiaires ne représentent que 15% du total des dépenses du Fonds mondial à ce jour. Empêcher ces pays d'accéder à des ressources supplémentaires ne résoudra pas la crise de financement du Fonds mondial. En fait, il est important de souligner que l’expérience a prouvé que les programmes dans les pays à revenu intermédiaire avec des

épidémies concentrées sont coût-efficaces et que l’utilisation des ressources est rationnelle et efficace. 

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme doit continuer à être mondial. Les décisions sur l'allocation de fonds doivent continuer d'être fondées sur des preuves, des propositions techniquement solides et efficaces et une bonne performance. La solution à la crise du financement dépend de l'engagement des pays donateurs à la lutte contre les trois maladies. Pas moins de 20 milliards de dollars sont nécessaires pour que le Fonds mondial puisse se poursuivre et intensifier les opérations. C'est la véritable question.  Sans ce niveau d'engagement des donateurs, les pays à revenu intermédiaire et avec des épidémies concentrées seront les premiers à subir les effets, mais finalement ce sera au détriment de tous.

La réalisation de l'accès universel, la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement ainsi que la promotion des questions concernant l'inclusion, l'égalité et la solidarité internationale sont en jeu. L'avenir du Fonds mondial, un mécanisme novateur visant à promouvoir la démocratie de la santé publique, ne doit pas être compromise. 

Signatures :

Organisations : 

Association de lutte contre le sida (ALCS), Maroc 

Association SOLEIL pour le soutien des enfants affectés et infectés par le VIH/Sida, 

Maroc 

CSAT‐MENA 

ITPC North Africa 

Association AIDS Algérie 

Association El Hayet des personnes vivant avec le VIH, Algérie 

EPH OKBI‐GUELMA, Algérie 

Association INFO‐COM 'JEUNES, Algérie 

Association Nationale"Solidarité ‐ SIDA" de Guelma, Algérie 

SUNAIDS Association de lutte contre le sida, Soudan 

BADBAADO UMBRELLA (puntland HIV/AIDS Network), Soudan 

ASN Nouakchott, Mauritanie 

Collectif des ONGs de Dar Naim, Mauritanie 

Coordination des ONGs de la Santé et du developpemnt humains (CSD), Mauritanie 

Groupe thématique paludisme et tuberculose de la Plate Forme des Acteurs non 

Etatiques, Mauritanie 

Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant (AMSME), Mauritanie 

AHVV+, République centrafricaine  

African Council of AIDS Service Organizations (AfriCASO), Sénégal 

ASEPVV, Tchad 

AFSU‐EN MAROUA, Cameroun 

CATAG‐Central Africa Treatment Action Group, Cameroun 

ARCAD/SIDA, Mali 

ATL MST SIDA, Tunisie 

PILS (Prévention Information Lutte contre le SIDA), Ile Maurice 

Association KASABATI, Burkina Faso 

Sidaction, France 

AIDES, France 

Coalition Plus, France 

ONG AMAMD, Mauritanie 

ONG LCP, Mauritanie 

ONG  STOP DESERT, Mauritanie 

STOP SIDA, Mauritanie 

Association PILS, Ile Maurice 

Action contre le sida (ACS), Togo 

 

Individus :

Othoman Mellouk, Maroc 

Nadia Rafif, Maroc 

Hakima Himmich, Maroc 

Balil Mouna, Maroc, 

Younès Yatine, Maroc 

Alise Abadie, Maroc 

Leila Hangal, Maroc, 

Salaheddine Benarab, Maroc, 

Bernard Dardelet, Maroc 

Zakaria Bahtout, Maroc 

Othmane Bourouba, Algérie 

Marie de Cenival, USA 

Lucie Tsamo Zambou, Soudan 

Oubeid ould Imijine, Mauritanie 

Habsatou Djoub, Mauritanie 

Aichetou mint Lebaye 

Mohammed Oubnichou, Maroc 

Luc Nvendo Mozialo, République CentreAfricaine 

Ball Fatimata Mouhamedou,  Mauritanie 

Dr Cheick Tidiane Tall, Sénégal 

Abdoulaye Sali, Cameroun 

Celestin Ladiba Gabdoube, Tchad 

James Clovis Kayo 

Sandrine Mataffeu 

Ahmedou ould Med Lemine Diya 

Mohamed Lemine Ould Zeydoune 

Mohamed Salem ould Loud 

Bahsan Hassan Mohamed, Soudan 

Zeinabou Mint Taleb Moussa, Mauritanie 

Nawel Bahlouli Lahouel, Algérie 

Vincent Bastien, Burkina Faso  

Dr Adjabi Lofti, Algérie     

Veronique Maeva Fages, Palestine 

Bassima Khoury 

Fogué Foguito, Cameroun 

Aziza Rafouk, Maroc 

Soumia Benchekroun, Maroc 

Nicolas RITTER, Ile Maurice 

Dadde O. Weddad, Mauritanie 

Reem Amarneh/Miqdadi, Palestine 

Sonia Torkhani, Tunisie 

Akakpo Alponse, Togo 

 

 

 

 

 
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